La route d’Alboran

La mer d’Alboran relie la région du Rif marocain à la côte est de l’Andalousie. Depuis la côte, entre la région d’Al hoceima et la ville de Nador, les migrants montent à bord d’embarcations motorisées (parfois sur un jet ski). S’ils sortent indemnes de cette traversée longue de 180 kilomètres dans les eaux méditerranéennes, ils vont rejoindre plusieurs destinations possibles : les enclaves militaires espagnoles situées sur le continent africain (l’île de Mar, l’île de Tierra, le Peñón de Alhucemas, les îles Zaffarines…), la ville de Melilla (de deux manières : soit en franchissant la barrière frontalière terrestre, soit en bateau de fortune ou même à la nage) ou encore les côtes andalouses.

Ce chemin a été le plus emprunté au cours des cinq dernières années, tant par des marocains que par des personnes originaires de communautés subsahariennes. La militarisation des frontières, la précarité des embarcations et les refoulements illégaux en mer ou depuis les enclaves espagnoles vers le Maroc y représentent les principaux risques pour la vie des gens.

DERNIERS INFORMATIONS

Janvier-Décembre 2020
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Personnes
disparues

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Personnes
décédées

HISTORIQUE DE LA ZONE

2007-2014
Les débuts.
C’est en 2007 que nous avons reçu la première alerte provenant d’une embarcation motorisée. Au cours des années suivantes, les mouvements seront modérés et exercés principalement par des personnes d’origine maghrébine.
2015-2017
Une période de grands mouvements migratoires.
À partir de 2015, l’itinéraire prend la même importance que la route par le détroit de Gibraltar. Les populations des pays subsahariens l’empruntent de plus en plus mais avec des embarcations toujours plus précaires
2018
La militarisation d’Alboran.
La mise en place d’un commandement unique auquel est subordonné un organisme civil responsable des sauvetages, comme la société espagnole de sauvetage en mer (Salvamento Marítimo), et la présence renforcée de FRONTEX sur la zone, ont des conséquences désastreuses. Le contrôle migratoire devient prioritaire sur le droit à la vie.
2019
Vers d’autres itinéraires.
Le niveau élevé de violence dû à la militarisation, aux raids et à la précarité des services de sauvetage contraint les communautés subsahariennes à explorer d’autres itinéraires, plus dangereux, comme la route des îles Canaries. Les migrants nord-africains, en revanche, conservent cet itinéraire.

NOUVELLES DE La route d’Alboran

Le petit Samuel

Alors que le monde entier s’est ému de la mort d’un petit garçon syrien, peu de gens ont entendu parler de Samuel, le “Aylan” espagnol, dont la dépouille s’est échouée sur la plage de Barbate, à Cadix, en Espagne. Son père a fait le voyage depuis le Congo pour honorer sa mort et obtenir justice.

RAPPORTS

Consultez et téléchargez les rapports élaborés par notre collectif. Faites-vous l’écho de l’état d’esprit, de l’expérience et du vécu des personnes migrantes se trouvant au coeur des frontières.