Suivi du Droit à la Vie 2021

Les données présentées ci-dessous sont le fruit d’un suivi exhaustif effectué 365 jours par an par notre Collectif. Communautés de migrants, services de secours, réseaux familiaux et défenseurs des droits humains sur le terrain, nous collectons, comparons et systématisons les informations nécessaires.

Téléchargez le rapport complet ici : Suivi DÀLV – 2021

Download the full report here: Monitoring ‘Right To Life – 2021’ (English version)

4404 personnes meurent en 2021 sur les voies d’accès à l’Espagne. La pire année de la série historique. Les chiffres présentés dans le cadre de ce suivi visent à fournir des informations aux processus de vérité, menés par les communautés de migrants et les familles des victimes, sur ce qui se passe à la frontière occidentale euro-africaine. Ces données sont donc présentées comme une étape nécessaire sur le chemin de la réparation des morts et des disparus, en les rendant visibles. Ils visent également à être un outil de plaidoyer pour promouvoir des politiques de justice et de non-répétition à la frontière.

La systématisation des informations sur les victimes que notre collectif apporte depuis 2016 nous permet d’avoir une perspective diachronique pour analyser les dynamiques de la nécropolitique dans les territoires frontaliers.

L’obtention de données sur les décès de personnes en déplacement est un processus complexe, car elles voyagent par des voies irrégulières où leurs droits ne sont pas reconnus, ce qui permet même aux États de nier leur existence. En outre, à la frontière occidentale euro-africaine, la grande majorité des décès se produisent en mer, où la plupart des corps disparaissent et où il n’existe aucune trace d’eux. Derrière ces chiffres se cache donc un exercice de respect de la mémoire des victimes face à l’ignominie de leurs propres auteurs.  

Malgré ces difficultés à documenter le nombre de personnes tuées et disparues sur les voies d’accès à l’Espagne, le travail que notre collectif réalise à l’Observatoire des droits de l’homme nous a permis de vérifier de manière exhaustive les chiffres présentés dans ce rapport. Toutes les données proviennent de sources primaires et sont traitées par nos bases de données. Cela nous permet de traiter les chiffres, dans le but de restituer les résultats aux communautés migrantes, aux familles des victimes et au reste de la société dans son ensemble, afin de contribuer à la création d’actions de défense de la vie face à la nécropolitique.  

Téléchargez le rapport complet ici : Suivi DÀLV – 2021

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Suivi du Droit à la Vie 2020

Les données présentées ci-dessous sont le fruit d’un suivi exhaustif effectué 365 jours par an par notre Collectif. Communautés de migrants, services de secours, réseaux familiaux et défenseurs des droits humains sur le terrain, nous collectons, comparons et systématisons les informations nécessaires

C’est l’année la plus meurtrière à nos frontières: nous comptons un total de 2170 victimes dans les voies migratoires d’accès à l’État espagnol.

Les politiques du contrôle migratoire ont comme conséquence l’augmentation du 143% des du mortalité. Les arrivées en Espagne au cours de la même période n’ont augmenté que de 28,7 %, ce qui corrobore le fait que les politiques de contrôle ont un effet drastique sur la mortalité.

La Route des Canaries concentre 85% des victimes. Depuis des mois, nous dénonçons le non-respect des protocoles de sauvetage et le manque de coordination entre les Êtats pour la défense du droit à la vie.

Au total, 33 bateaux ont disparu sans que personne ne survive pour raconter les faits.Ces disparitions supposent un profond douleur pour les familles des victimes, qui n’arrivent pas à savoir avec certitude ce qu’est arrivé à ses proches.

La grande majorité des corps disparaissent : seulement 4,2 % des victimes sont retrouvées. Un vrai drame qui empêche d’identifier les victimes et de réparer les familles.

Les citoyens de 15 pays sont morts à la frontière de l’Europe occidentale en 2020. Une tragédie de dimension internationale avec victimes du Maroc, Algérie, Mauritanie, Sénégal, Guinnée Conakry, Guinnée Bissau, Gambie, Cameroun, Nigeria, R.D.Congo, Îles Comores, Syrie, Bangladesh et Sri Lanka.

Nous savons que nos données ne sont pas absolues, mais ce sont le plus proche de la réalité. Produit d’un travail constant sur le terrain, en colaboration avec les communautés migrants et les familles des victimes.

Même avec la difficulté pour récolter de l’information sur les frontières, nous avons documenté ces morts et disparitions grâce à notre téléphone d’alertes pour la Défense du Droit à la Vie. Les dénonces des familles qui ont perdu ses proches à la frontiére ont été aussi importantes.

Depuis le Collectif Caminando Fronteras, nous exigeons:

-L’amelioration de la coordination entre les services de sauvetage et plus des moyens matériaux et humaines pour la défense des Droits de l’Homme.

-Plus de sensibilisation des acteurs qui interviennent dans les sauvetage, l’accueil et l’identification des personnes mortes et disparues.

-Fin de la criminalisation des communnautés migrantes et des réseaux sociales qui défendent la vie.

-Fin de la criminalisation des familles qui défendent les droits de leurs proches morts et disparus.

-Reconnaissance officiel des victimes des frontiéres et developpement des outils pour faciliter de l’information aux familles.

Les luttes protagonisées par les peuples en mouvement ce sont des luttes qui, face aux intêrets perverses des Êtats, réseaux criminelles et enterprises de la guerre, défendent la vie.

Suivi du Droit à la Vie 2019

Les données présentées ci-dessous sont le fruit d’un suivi exhaustif effectué 365 jours par an par notre Collectif. Communautés de migrants, services de secours, réseaux familiaux et défenseurs des droits humains sur le terrain, nous collectons, comparons et systématisons les informations nécessaires

Sur 655 victimes recensées par le collectif, 518 ont disparu en mer et seuls 137 corps ont été retrouvés. Autrement dit, huit personnes sur dix sont toujours portées disparues. Beaucoup d’entre elles provenaient des douze embarcations ayant disparu en mer au cours de l’année et qui n’ont laissé aucune trace des personnes à bord.


Les victimes identifiées venaient de l’un des trente-sept naufrages survenus en 2019 : dix en mer d’Alboran, seize dans le détroit de Gibraltar, huit sur la route des Canaries et trois sur la route d’Algérie. La route maritime d’Alboran s’avère la plus meurtrière avec 246 morts et disparus, suivie de celle des îles Canaries avec 228 victimes, celle du détroit avec 146 victimes et celle d’Algérie avec au moins 35 morts.


Cette année-là, des citoyens venus de 19 pays ont perdu la vie en essayant de rejoindre les côtes espagnoles. De l’Inde à l’Angola, du Maroc au Yémen, la tragédie atteint les côtes internationales ; une liste complétée par la Birmanie, le Bangladesh, le Pakistan, l’Ethiopie, l’Erythrée, le Tchad, le Cameroun, la République démocratique du Congo, l’Algérie, la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Conakry, la Guinée Bissau et la Côte d’Ivoire.


En 2019, les femmes représentaient 15,87% des victimes (104 décès), tandis que 54 enfants ont trouvé la mort. Bien que le ministère de l’Intérieur espagnol affirme avoir fait baisser le nombre de décès, les chiffres de Caminando Fronteras confirment que la mortalité a augmenté par rapport à 2018. En organisant la militarisation des frontières et le démantèlement du service de Sauvetage en Mer, les politiques migratoires ont réduit les arrivées de migrants de 50,07% mais la mortalité dans la région est encore plus élevée qu’avant.

Suivi du Droit à la Vie 2018

Les données présentées ci-dessous sont le fruit d’un suivi exhaustif effectué 365 jours par an par notre Collectif. Communautés de migrants, services de secours, réseaux familiaux et défenseurs des droits humains sur le terrain, nous collectons, comparons et systématisons les informations nécessaires

En 2018, nous avons recensé 843 victimes à la frontière occidentale de l’Afrique et de l’Europe. La route maritime d’Alboran est de loin la plus meurtrière (722 victimes), suivie de la route du détroit de Gibraltar (113). Le nombre de décès et de disparitions dans les îles Canaries et à la barrière de Melilla est moins important : on comptabilise respectivement 6 et 2 victimes.

648 victimes sont des personnes disparues, 195 sont des personnes décédées (dont le corps a été retrouvé). Toutes ont perdu la vie au cours d’un des 61 naufrages recensés : 1 sur la route des Canaries, 21 sur la route du détroit et 40 sur la route d’Alboran.

On comptabilise 12 embarcations ayant entièrement disparu avec, à leur bord, l’ensemble de l’équipage. La moitié a fait naufrage dans le détroit, l’autre dans la mer d’Alboran.

Suivi du Droit à la Vie 2015/16





Les données présentées ci-dessous sont le fruit d’un suivi exhaustif effectué 365 jours par an par notre Collectif. Communautés de migrants, services de secours, réseaux familiaux et défenseurs des droits humains sur le terrain, nous collectons, comparons et systématisons les informations nécessaires

Entre septembre 2015 et décembre 2016, nous avons recueilli une série de données présentées dans notre rapport intitulé « Après la frontière ».


En 16 mois, nous avons reçu 309 alertes provenant d’embarcations qui se trouvaient sur les voies maritimes donnant accès à l’Espagne et qui appelaient à l’aide. Au total, 7079 personnes ont risqué leur vie sur cette période.


Nous avons recensé 388 personnes décédées en mer, dont 31 femmes et 122 enfants ou adolescents. Parmi elles, seules 22 ont pu être identifiées, leur corps ayant été retrouvé dans la mer. Les autres ont disparu sans laisser de traces, plongeant leur famille dans une profonde douleur.


Sur un total de 23 signalements au niveau des barrières de Ceuta et Melilla, nous avons comptabilisé 2213 personnes victimes de séparation forcées et 569 victimes de retours à chaud.